Le parti pris des choses (de la vie)
par Francis Eponge

LE MONT DE VENUS

Lorsqu'il ne s'agit pas de la partie charmue de la paume de la main située entre la ligne de vie et la base du pouce, ce morceau de choix de la géographie du Tendre se nomme encore pubis en raison de la pilosité qui l'honore à partir de la puberté. Couvert d'une fourrure de martre fauve ou d'astrakan, d'un manteau de laine rousse ou d'un duvet blond aux fins poils électriques, le pubis possède idéalement la forme d'un triangle équilatéral bombé dont le galbe attire à la fois l'oeil et la main de l'homme bien né. Ainsi le Mont de Vénus cher aux  chiromanciennes épouse-t-il le Mont de Vénus pelvien, moussu qui se courbe amoureusement tandis que le ventre se creuse.  La lisière supérieure du triangle renversé sépare le ventre montrable du sexe tabou. C'est pourquoi le slip du bikini s'y ajuste très précisément. La main posée sur le renflement soyeux laisse naturellement le doigt inquisiteur se perdre dans la nuit intercrurale. Là, la pulpe du médius perçoit une chaleur d'autant plus exaltante qu'elle se révèle humide. Y plonger derechef et sans ambages serait une faute de goût. Il faudra espérer l'ouverture proche et imperceptible des cuisses qui sont comme le baromètre de la pudeur.

LA LIQUEUR PRE-SEMINALE

Gourmandise de choix pour l'épouse amoureuse, la subtile maîtresse ou la nièce dévergondée, la liqueur pré-séminale ne jaillit pas de la verge comme le dentifrice du tube. La première goutte qui perle au méat est la victoire suitante d'une patiente ruse et d'un tendre combat. On le sait dans les milieux autorisés à foutre, le pénis est un hochet réfractaire, un jouet capricieux, un sceptre suceptible. D'abord, il convient que l'érection ne soit pas un obstacle. Elle doit être immédiate, ample et  roide. Une queue biseautée fournira difficilement son premier nectar. Une bite effilée comme une dague se révèlera sèche. Comme telle, elle sera le parfait instrument d'une sodomie préalablement mise en scène aux moyens des adjuvants qu'il siéra aux protagonistes d'utiliser : huile de vaseline, salive onctueuse, beurre fermier, crème fraîche, margarine ou saindoux. Seul un braquemart au gland gonflé comme un battant de cloche, aux corps caverneux dégagés comme les rues d'une ville un matin de quinze août aura le volume convenable à une prise en main sans faiblesse. Une caresse ferme du scrotum s'impose d'emblée, prolongée par une masturbation lentement ascendante. La base de la verge doit être comprimée et la pression doit s'atténuer jusqu'à devenir frottis de plume sur la base du gland. Si la bouche intervient, qu'elle gobe sans trop mâchouiller, en respectant le mouvement ascensionnel. N'insistons pas ici sur le misérable éjaculateur précoce qui souille son pantalon avant que sa partenaire ait pu ôter ses gants. Mais, tenter, chez l'homme expérimenté, d'accélérer l'apparition de la perlèche par l'introduction d'une phalange dans le fondement relève de la trahison pure et simple et du bâclage qui dénonce sa courtisane. Enfin, la prime gouttelette sourd. Elle constitue les prémices d'un long régal que l'homme de qualité sait réserver à la femme aimante. Celle-ci peut s'en délecter sans attendre. Elle peut au contraire jouer avec la viscosité précieuse du liquide, de son index ou de sa lippe, et étirer le plus possible un filament argenté comme un fin câble d'aragne. Le vestibule vulvaire étant à ce moment passablement gluant du même suc, la réciprocité voudra qu'on s'installe alors en soixante-neuf afin de profiter l'un et l'autre de la gelée royale de chacun.

LES SEINS

Dire leur universelle diversité relève du lieu commun. Aussi parlerons-nous de l'unité mammaire. En réalité, le mot sein désigne le sillon entre les mamelles. Le mamelon ou tétin a un diamètre de 10 à 12 mm. La peau ridée du mamelon et de l'aréole présente une pigmentation plus intense que la peau avoisinante surtout chez les femmes multipares. Le sommet du mamelon n'est pas pigmenté. Dans la région périphérique de l'aréole se disposent 10 à 15 petits tubercules dits de Montgomery qui contiennent les glandes apocrines, eccrines et sébacées dont les sécrétions sont augmentées durant la lactation. Chez certaines femmes, l'aréole est cernée de 8 à 12 poils de 20 à 30 mm qui peuvent étonner le novice. Cela apparaît nettement sur les premières photos d'amateur de Louise Ciccione dite Madonna. Ils sont souvent le signe d'une pilosité abondante - en as de carreau - du bas-ventre, d'une riche parure  intercrurale et d'un entrefesson particulièrement velu qui ravit les amateurs. Le malmenage des seins doit être laissé à leur légitime propriétaire. Celle-ci peut, dans l'exaltation de l'acte, se les pétrir avec une certaine violence qu'elle maîtrise néanmoins. C'est pourquoi l'amant se contentera de caresser à plate paume la pointe aiguisée des tétons ou de saisir respectueusement les globes avec une extrême vigilance. Par contre, avec la bouche, la langue, les lèvres, le bout des dents, il aura le loisir de lécher, gober, avaler, mordiller, suçoter, mâcher, agacer, absorber, aspirer le mamelon, l'aréole ou le sein dans son entier. Le connaisseur est capable ainsi - et seulement - de procurer de fulgurants orgasmes à sa compagne de jeux. Celle-ci peut être dotée de très gros seins au point qu'elle puisse sucer elle-même ses tétons. Disons le tout net. Les malheureuses qui se livrent à ce jeu puéril ont l'air aussi bêtes que les stupides mâcheuses de chewing-gum dont la capacité de séduction, fussent-elles très belles, se trouve réduite de moitié. La cravate de notaire, dite encore cravate espagnole, exige une masse adipeuse mammaire conséquente mais non point hors du commun. Seuls les seins de type birkinien interdisent cette innocente récréation. Elle peut faire jouir rapidement l'heureux bénéficiaire mais ne donne à la partenaire qu'un plaisir